Octobre 1942. Le vent hurlait comme une âme en peine sur les côtes bretonnes, déchirant les nuages bas et poussant devant lui des lambeaux de brume salée. Ce soir-là, les pilotes de la Jagdgeschwader 2, effectuaient une patrouille de routine au sud d’Ouessant, cette île où la mer et le ciel semblaient se confondre.
Puis ils l’ont vu.
Le Hollandais volant émergeait des brumes, ses voiles en lambeaux, sa coque noire et luisante comme si elle était couverte de goudron et de sel séché. Il ne naviguait pas. Il flottait, à quelques mètres au-dessus des vagues, comme s’il défiait la gravité elle-même. Aucun bruit ne venait du pont. Pas de cris, pas de grincements. Juste ce silence lourd, presque palpable...



